Dans-un-recoin-de-ce-monde 

 

Avec quelques jours de retard voici donc le coup de coeur cinéma dont je vous parlais dans mon dernier billet. Avant tout, je dois dire que je vais peu au cinéma, je suis peu la presse spécialisée et sans un petit coup de pouce du hasard, j'aurais pu raté ce film. C'est la lecture d'un article dans la presse et du synopsis du film qui m'ont donné envie d'aller le voir, et je ne regrette pas car j'ai eu un véritable coup de coeur pour "Dans un recoin de ce monde" de Sunao Katabuchi.

 

Synopsis : Suzu est née à Hiroshima, où elle passe son enfance. A 18 ans, son mariage avec Hojo Shusaku un jeune homme dont elle ignore tout, la pousse à quitter la région et à s'installer dans la famille de son époux, à Kure, un important port militaire. Tandis qu'elle doit apprendre à s'occuper du foyer et à trouver sa place dans sa nouvelle famille, la guerre s’installe et rend le quotidien de plus en plus difficile. Le dessin qu'elle pratique le plus souvent l'aide à s'évader.

 

Bande-annonce de “Dans un recoin de ce monde”, en salle le 6 septembre 2017

 

Les premières images du film m'ont un peu étonnées car le graphisme est assez différent des autres mangas ou animés japonais que j'ai pu lire ou voir jusqu'ici. Mais passée cette surprise, l'histoire vous emporte totalement. On suit l'évolution de cette petite fille qui devient femme et épouse. On est touché de la voir s'adapter à sa nouvelle famille, son nouveau rôle parmi ces personnes dont elle ignore tout au départ. C'est une histoire qui ne vous laisse pas indemne : le quotidien étant au fil de l'histoire de plus en plus perturbé par la guerre. La famille n'en sortira pas indemne et les pertes seront importantes mais à la fin, elle en ressortira resserrée. 

 

Plusieurs intrigues se déroulent en même temps, le mariage et les relations entre les deux époux. L'amour d'Hojo pour son épouse, montré avec la pudeur japonaise qui sied, est touchant. Ici, pas de grandes déclarations, mais des gestes, des faits qui disent parfois plus qu'un long discours. Il y a aussi les relations avec cette nouvelle famille qui parait dure au départ et qui finalement est là et se reconstruit après les drames. Une tranche de vie qui pourrait être simple si la guerre ne faisait irruption. Un film bouleversant et pourtant plein de joie et d'optimisme que je vous souhaite de pouvoir voir un jour.